« Bonnot était cerné.
Tant de monde pour tuer un seul homme. Derrière les forces de l’ordre se pressait une rangée de badauds retenus par les gendarmes. Il y avait des femmes et des enfants parmi eux. Ils étaient venus là comme des chacals pour le regarder mourir. »
Malcolm Menzies (1934-2019) est notamment l’auteur d’un livre de contes et de quatre romans traduits de l’anglais : sur l’épopée de Nestor Makhno (1972, rééd. l’échappée 2017), sur Jules Bonnot et ses complices (1985, rééd. Rue des cascades 2007), sur les prisonniers des bagnes de Cayenne et leurs révoltes (Corps 9, 1987), sur l’histoire d’une colonie anarchiste au Costa Rica (Plein Chant, 2009), et sur les bandits et anarchistes italiens Renzo Novatore et Sante Pollastro (Plein Chant, 2014).
À propos de En exil chez les hommes, voici ce que Malcolm Menzies en disait, au cours de l’un des rares entretiens publics qu’il a relâché (2010) : « Quand je commençai mes recherches, je découvris que d’innombrables livres sur les « bandits tragiques » avaient été écrits et publiés. Généralement, ces livres décrivent les protagonistes comme des fantoches et chacun d’eux reprend les lieux communs du précédent. Je ne voulais pas faire la même chose et j’essayai de reconstruire leur dimension humaine. Pour cela, une seule manière : écrire un roman. Jean Maitron, l’historien de l’anarchisme bien connu, ne comprit pas mon choix. Il pensait qu’un roman n’est pas rigoureux puisqu’il asservit la réalité à l’imagination. Malgré tout, j’ose penser que dans mon roman, Bonnot et ses compagnons sont plus authentiques que dans un livre d’histoire. Par ailleurs, j’ai écrit mon roman alors que les « bandits tragiques » ne jouissaient pas d’une très bonne réputation et le manuscrit a été refusé par de nombreux éditeurs… »



